Combien votre SaaS génère-t-il de revenu récurrent chaque mois ? C’est l’une des premières questions posées par un fondateur ou investisseur pour juger la santé financière d’une entreprise SaaS. 

Dans cet article, vous découvrirez sa définition, sa formule de calcul, sa différence avec l’ARR, ses composantes (nouveau MRR, expansion MRR, churn…) et son rôle central dans la valorisation d’un SaaS lors d’une levée de fonds ou d’une revente.

  • Le MRR mesure le revenu récurrent mensuel généré par les abonnements actifs d’une entreprise SaaS.
  • Il se calcule en additionnant les revenus mensuels de tous les clients, contrats annuels ramenés au mois inclus.
  • L’ARR (MRR x 12) offre une vision annuelle, utile pour le reporting aux investisseurs.
  • Le Net New MRR se décompose en nouveau MRR, expansion MRR, contraction MRR, churn MRR et reactivation MRR.
  • Un MRR récurrent, prévisible et en croissance est un facteur clé de valorisation lors d’une levée de fonds ou d’une revente de SaaS.

Qu’est-ce que le MRR (Monthly Recurring Revenue) ?

Le MRR, ou revenus mensuels récurrents, désigne l’ensemble des revenus récurrents qu’une entreprise SaaS perçoit chaque mois grâce à ses abonnements actifs. Contrairement à une vente ponctuelle, un abonnement génère un revenu prévisible mois après mois, ce qui en fait l’indicateur clé du pilotage financier des entreprises SaaS. Suivre son MRR permet d’anticiper sa trésorerie, de mesurer sa croissance à long terme et d’ajuster sa stratégie commerciale en conséquence.

Définition et métriques clés du MRR

Le Monthly Recurring Revenue, plus souvent appelé MRR, est une métrique qui traduit, en un seul chiffre mensuel, l’ensemble des revenus récurrents actifs d’une entreprise SaaS. Cette métrique se distingue des autres indicateurs financiers par sa capacité à refléter la dynamique réelle du portefeuille de clients, mois après mois, plutôt qu’une simple photographie comptable.

Quel est le principe du modèle SaaS ? Rappel

Le software as a service (SaaS) repose sur un modèle d’abonnement : le client paie un montant récurrent (mensuel ou annuel) pour accéder à un produit en ligne, plutôt que d’acheter une licence une fois pour toutes.

Voici quelques caractéristiques du modèle :

  • Accès continu au produit, sans achat unique.
  • Revenus étalés dans le temps plutôt que concentrés sur une seule transaction.
  • Une relation client qui s’inscrit dans la durée, propice à la croissance à long terme.

MRR vs chiffre d’affaires : quelle différence ?

Le chiffre d’affaires global d’une entreprise inclut toutes ses ventes, y compris les ventes ponctuelles (prestations de conseil, frais d’installation, formation…). Le MRR, lui, ne retient que la part récurrente et prévisible de ce chiffre d’affaires.

  • Le chiffre d’affaires peut varier fortement d’un mois à l’autre selon les ventes ponctuelles réalisées.
  • Le MRR offre une vision stable, indépendante des à-coups commerciaux.
  • Les investisseurs et les experts-comptables préfèrent analyser le MRR pour juger la santé financière réelle d’un SaaS, plutôt que le chiffre d’affaires brut.

Comment calculer le MRR ? Formule de base et exemple

La formule de base du MRR est simple sur le principe, mais demande de la rigueur dans son application : il faut additionner les revenus mensuels récurrents de tous les clients actifs, en ramenant les contrats annuels à leur équivalent mensuel.

La formule de base du MRR

MRR = somme des revenus récurrents mensuels de tous les clients actifs

  • On ne compte que les revenus récurrents : abonnements et options récurrentes.
  • On exclut les ventes ponctuelles qui ne se répètent pas chaque mois.
  • Chaque nouvelle mise à niveau ou option souscrite par un client existant vient s’ajouter au MRR.

Le cas des contrats annuels

Beaucoup d’entreprises SaaS proposent des contrats annuels, souvent assortis d’une remise pour fidéliser leurs clients existants. Pour les intégrer correctement au MRR, il faut diviser leur montant par 12.

Exemple : un contrat annuel de 1 200 € équivaut à 100 € de MRR. Cette conversion permet de comparer clients mensuels et clients en contrats annuels sur une même base. Sans cette étape, le MRR serait faussé par des pics ponctuels au moment du renouvellement annuel.

Exemple chiffré complet

Prenons une entreprise SaaS avec trois profils de clients :

  • 50 clients à 20 €/mois = 1 000 €
  • 30 clients à 50 €/mois = 1 500 €
  • 10 clients facturés annuellement 1 200 €/an, soit 100 €/mois = 1 000 €

Le MRR total de cette entreprise s’élève donc à 3 500 €. Un tableau récapitulatif de ce type est idéal pour visualiser rapidement la répartition du MRR par segment de clients, n’hésitez pas à en intégrer un dans votre reporting mensuel.

Autre exemple, ce même mois : l’entreprise perd 5 clients à 50 €/mois (soit 250 € de churn), gagne 8 nouveaux clients à 30 €/mois (soit 240 € de nouveau MRR) et génère 400 € d’expansion MRR grâce à des mises à niveaux sur des clients existants. Le Net New MRR du mois s’élève donc à 240 + 400 − 250 = 390 €, qui viennent s’ajouter au MRR de départ.

MRR vs ARR : quelle est la différence entre le MRR et l’ARR ?

L’ARR (Annual Recurring Revenue) est le pendant annuel du MRR. Il se calcule simplement : ARR = MRR x 12. Mais les deux indicateurs ne répondent pas exactement aux mêmes besoins.

Qu’est-ce que l’ARR (Annual Recurring Revenue) ?

L’ARR donne une vision du revenu récurrent projeté sur 12 mois. Il est souvent utilisé dans les présentations aux investisseurs et lors d’une levée de fonds. Comme le MRR, il n’intègre que les revenus récurrents, à l’exclusion des ventes ponctuelles.

Différences entre MRR et ARR

Le MRR offre une granularité mensuelle, utile pour détecter rapidement un problème (churn, ralentissement des ventes). L’ARR lisse les variations mensuelles et donne une vision stratégique de plus long terme.

Le MRR est plus réactif au quotidien tandis que l’ARR est plus adapté à la communication financière annuelle.

Quel indicateur choisir selon sa stratégie ?

  • Pour le pilotage opérationnel au quotidien, le MRR reste l’indicateur de référence.
  • Pour une levée de fonds, une présentation aux investisseurs ou un plan stratégique annuel, l’ARR est plus pertinent.
  • Dans la pratique, les entreprises SaaS suivent les deux indicateurs en parallèle, rarement l’un sans l’autre.

Exemple concret : une startup affichant 10 000 € de MRR a un ARR de 120 000 €. Si son MRR grimpe à 15 000 € six mois plus tard, son ARR théorique atteint 180 000 €, à condition de maintenir ce rythme de croissance.

Les composantes du MRR : liste et classement des flux à surveiller

D’un mois à l’autre, le MRR ne reste jamais figé. Il varie selon l’ensemble des flux qui s’ajoutent ou se soustraient au montant de départ :

Net New MRR = Nouveau MRR + Expansion MRR + Reactivation MRR − Contraction MRR − Churn MRR

Nouveau MRR (New MRR)

Le nouveau MRR correspond au revenu récurrent apporté par les clients qui viennent de signer leur premier abonnement. C’est le flux le plus suivi par les équipes commerciales, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Expansion MRR

L’expansion MRR regroupe les revenus supplémentaires générés par les clients existants : montées en gamme (mises à niveaux), achats d’options récurrentes, ou cross-sells sur d’autres produits de la gamme. C’est souvent le levier de croissance le plus rentable, car il coûte moins cher que l’acquisition de nouveaux clients.

Contraction et Churn MRR

La contraction MRR correspond à une baisse de revenu sur un client qui reste actif (downgrade, réduction d’options souscrites). Le churn MRR correspond à la perte totale d’un client qui résilie son abonnement

Ces deux flux doivent être surveillés séparément : ils appellent des actions correctives différentes.

Reactivation MRR

La reactivation MRR concerne les clients qui reviennent après avoir résilié leur abonnement. Ce flux, souvent minoritaire, reste un bon indicateur de la qualité perçue du produit sur la durée.

Suivi et tracking du MRR : comment procéder ?

Suivre son MRR ne se limite pas à calculer un chiffre en fin de mois : c’est un exercice régulier qui nécessite des mesures précises et une méthode rigoureuse.

Les mesures essentielles à suivre en complément du MRR :

Le taux de churn, pour anticiper les pertes de clients.

Le taux d’expansion, pour mesurer la capacité à faire grandir les comptes existants.

Le revenu moyen par client, pour situer chaque segment de clientèle.

Bonnes pratiques pour un suivi fiable :

Recalculer le MRR chaque mois, à date fixe, pour éviter les biais de comparaison.

Isoler soigneusement les ventes ponctuelles pour ne pas fausser cet indicateur clé.

Suivre le MRR par cohorte de clients pour identifier les segments qui poussent ou freinent la croissance à long terme.

Quels outils utiliser pour suivre son MRR ?

De nombreuses entreprises SaaS s’appuient sur leur outil de facturation ou sur un tableau de suivi dédié pour automatiser le calcul du MRR et de ses composantes. L’essentiel n’est pas l’outil choisi, mais la rigueur de la méthode : mêmes règles de calcul appliquées chaque mois, mêmes catégories de revenus exclues ou incluses, et une revue régulière avec son expert-comptable SaaS.

⚠️ Un bon MRR boosté par un gros new MRR mais avec un énorme churn peut masquer des problèmes techniques ou de satisfaction. L’analyse du MRR ne s’effectue pas seule, mais en décomposant sa variation entre le MRR des clients historiques, le new MRR, les effets de variation de gamme et le churn.

Le MRR : un levier clé pour la valorisation et la revente d’un SaaS

Au-delà du pilotage interne, le MRR est aussi l’un des premiers chiffres regardés par un investisseur ou un acheteur potentiel lors de l’achat ou la vente d’une entreprise SaaS.

Pourquoi le MRR influence la valorisation d’une entreprise SaaS

Un revenu récurrent est plus prévisible qu’un revenu ponctuel, donc moins risqué pour un acheteur tandis qu’un MRR stable ou en croissance, avec un churn faible, rassure sur la pérennité du business model. La qualité du MRR compte autant que son montant : un MRR concentré sur quelques gros clients est perçu comme plus risqué.

Achat/vente de SaaS : le rôle du MRR dans la due diligence

Lors d’une due diligence, l’acheteur vérifie la qualité du MRR : la part des contrats annuels, l’ancienneté des clients existants et l’historique de churn. Un MRR que l’on va qualifier de « propre », sans ventes ponctuelles mélangées, facilite et accélère la négociation.

ℹ️ Notre conseil : documentez précisément l’ensemble des flux (nouveau, expansion, contraction, churn, reactivation), cela permet de renforcer la crédibilité du dossier auprès de l’acheteur.

Comment préparer son MRR avant une levée de fonds ou une revente ?

Quelques mois avant une opération de croissance externe, il est utile d’auditer la qualité de son MRR : vérifier qu’aucune vente ponctuelle n’a été comptée par erreur, clarifier la part de churn volontaire (résiliation client) et involontaire (échec de paiement) et documenter l’historique du modèle d’abonnement sur au moins 12 mois. 

Ces articles pourraient aussi vous intéresser…

Actus, décryptages, conseils et bonnes pratiques sont à retrouver sur le blog d’Amarris E-Commerce.

Cet article vous a plu ?

Aucun vote pour le moment Merci pour votre vote ! Une erreur est survenue